Archives de Catégorie: Reste du monde

Vuvuzelas : le bruit et l’honneur

La Coupe du monde de football 2010 vue de l’AJM (2)

Un billet de Jan-Cyril Salemi

Depuis le début de la Coupe du Monde en Afrique du Sud, un concert de critiques est venu s’abattre sur les vuvuzelas. Ces trompettes traditionnelles ont envahi les stades et, pour les oreilles délicates, le bruit assourdissant qu’elles produisent est intolérable. Joueurs, entraîneurs, arbitres, médias, beaucoup se sont plaints de ce bourdonnement incessant pendant les matches.

S’il est vrai que le son de ces trompes donne l’impression d’un stade survolé par un essaim d’abeilles géant, leur utilisation appartient au patrimoine culturel sud-africain. Il s’agit même de l’adaptation moderne d’une corne de kudu, un genre d’antilope, utilisée comme signal de ralliement dans les villages traditionnels.

Devant le tollé grondant, leur interdiction a un temps été envisagée. En vain. Les tympans du monde vont devoir s’adapter au son des vuvuzelas.

Que penserait-on d’une compétition au Brésil où tambours et sifflets seraient bannis des tribunes, ou si aux USA, on empêchait les pom-pom girls de pousser leurs cris stridents ?

Cette attitude de rejet de la différence révèle une fois de plus l’ethnocentrisme du monde occidental et sa conviction de supériorité.

Ce n’est pas un simple détail. Il s’agit du principe fondamental de respect pour la culture et les valeurs du pays hôte. C’est même une question d’honneur pour le continent africain. Durant près d’un siècle, les populations indigènes d’Afrique du Sud ont subi un régime d’apartheid qui a les a humiliées et exclues de la société. Refuser l’expression d’un élément de leur patrimoine résonne comme une arrogance digne des temps coloniaux.

Les maîtres à penser occidentaux devront mettre en sourdine leur vieil air de pipeau, ils n’auront pas la peau des vuvuzelas.

J-C. S

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Bafanas tous fadas!

La Coupe du monde de football 2010 vue de l’AJM (1)

Un billet de Sharif

C’est parti pour un tour! Une autre coupe du monde, une autre façon parmi tant d’autre d’hypnotiser le peuple.

Reprise de volée sur tous nos problèmes (le temps d’un match). Hors-jeu le chômage, disqualifié le plan d’austérité, taclée la précarité et cartons rouges aux privilégiés. Sifflée la fin des guerres, dégagée loin devant la colonisation, sur le banc de touche les fachos, huée la main (mise) dans les caisses de l’état. Amortie la crise!

Petits et grands ponts nous aideront à passer au dessus de ceux qui dorment en dessous (sans jamais les voir). Mais la ola, vague éphémère, s’éteindra tantôt et le retour à la réalité mettra le holà à cette houle d’ivresse. Houlala!

Sombrero, coup du foulard et Panenka auront été l’opium du peuple le temps d’une pipe au coin (16/9ème) de la cheminée…tirrrrt! Fin du match, tout le mondial descend!

S.

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Explosion à Toulouse airport

Les journalistes de l’AJM mènent des vies pleines de danger. En mai dernier, alors que les nuages volcaniques islandais perturbaient le trafic aérien du continent, une reporter de cestquoilhistoire se trouvait à l’aéroport de Toulouse Blagnac. Dans cette ville d’où Mermoz et Saint-Exupéry s’envolaient entre-deux guerres aux commandes de leurs biplans de l’aéropostale et où s’assemblent aujourd’hui les Airbus, elle a pu assister à un événement incroyable. Enfin presque.

Un reportage de Fabienne Farrugia

Il est 17 h précises, ce 10 mai 2010, lorsqu’une explosion se produit dans l’enceinte de l’aéroport Toulouse-Blagnac. Explosion inattendue… mais pas pour tout le monde: l’opération a été dirigée de mains de maître par les agents de la police nationale affectés à l’aéroport toulousain.

16H40, niveau un de Toulouse-Blagnac : le rideau métallique de la boutique du Stade toulousain se ferme inopinément. Les deux ascenseurs empruntés par les personnes à mobilité réduite se bloquent. Les policiers les entourent d’un périmètre de sécurité bleue. Lire la suite

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Couples mixtes, l’amour clando

Elles sont françaises et aiment un étranger. Les couples mixtes représentent plus de 13% des unions françaises, soit environ 35 000 couples. Fréquemment suspectés de mariages blancs, dans un climat très répressif de lutte contre l’immigration clandestine, ils doivent se soumettre à de lourdes procédures avant de pouvoir célébrer leur union. (lire également « Le droit de se marier est en danger », une interview d’Ana Perez)

Un reportage de Sonia Tizaoui (photos: S.T.)

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« Je n’aurai jamais imaginé me retrouver là». Laurence fait les cents pas devant la grille du centre de rétention administratif (CRA) du Canet à Marseille. Comme elle, ils sont une dizaine à attendre qu’on les appelle pour qu’ils puissent entrer et voir leurs proches.

Rien n’indique à première vue la nature de cet établissement niché au fond du boulevard des peintures dans le 14ème arrondissement, mis à part un discret petit panneau à l’entrée du centre. Lire la suite

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« Le droit de se marier est en danger »

3 questions à Ana Perez, membre du collectif des amoureux au ban public (AMB)* de Marseille. (lire également Couples mixtes, l’amour clandestin)

Propos recueillis par Sonia Tizaoui

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  • C’est quoi l’histoire: Comment est né le collectif AMB et quel est son but ?

Ana Perez: C’est à l’initiative des membres du Comité intermouvement auprès des évacués (CIMADE, association d’assistance aux étrangers présente dans les CRA, Ndr) voyant de plus en plus de couples mixtes à ses permanences que s’est créé en juin 2007 le premier collectif des AMB à Montpellier. Depuis, le collectif s’est répandu dans de nombreuses villes de France et compte aujourd’hui plus de 34 permanences. Lire la suite

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A la recherche du parler marseillais

A Marseille, tout le monde tchatche marseillais, mais personne de la même façon ! Tu me crois pas, collègue ? Vé : prends un Marseillais. Offre-lui le pastis et la kémia pour le mettre à l’aise, et demande-lui s’il parle marseillais. Il pensera d’abord à une galéjade. Puis il te demandera : « Et d’abord, c’est quoi, parler marseillais pour toi ? » Retourne-lui habilement la question. S’il ne te fait pas d’engatse, tu verras le Marseillais commencer à gamberger…

Un reportage de Gérard Ollivier

Raimu et Fernandel, stars de la tchatche marseillaise

Raimu et Fernandel, stars de la tchatche marseillaise

Ahmed gamberge quelques secondes avant de répondre. « La tchatche marseillaise ?  Pour moi, c’est le parler des jeunes. »

Ahmed parle d’une voix discrète dans un français épicé d’un fort accent maghrébin. Il est algérien. Il est venu vivre à Marseille il y a trente-cinq ans. Ses quatre fils sont nés à Marseille. Lorsqu’ils parlent entre eux à la maison, Ahmed a du mal à suivre. « Le parler à Marseille, c’est pas le français. A Marseille, il y a un patois. C’est une langue sociale. » Lire la suite

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